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Disparitions forcées : l'incurable plaie de l'humanité

L’humanité célèbre ce 30 août la journée internationale des victimes de disparitions forcées. Un fléau qui doit impérativement être éradiqué, selon des humanitaires.

30 Aoû 2018    

Il s’agit de « l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l’État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi », selon la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées en son article 2.

Si dans les années 1960 et 1970 des disparitions forcées ont été enregistrées dans des pays dirigés par des dictatures comme le Chili et l’Argentine, le phénomène semble aujourd’hui à la mode dans des zones de conflit comme la Syrie où plus de 75 000 personnes manquent jusqu’ici à l’appel depuis 2011.

Quant à l’Afrique, elle n’est pas à l’abri de ce fléau. Du Marocain Mehdi Ben Barka en octobre 1965 à ces Congolais disparus en avril 1999 au débarcadère de Brazzaville, le continent a lui aussi une bonne part de personnes ayant quitté ce monde sans que l’on ne sache ce qui leur est arrivé.

Et les facteurs sont légion. Devenues pour certains dirigeants un moyen de semer la terreur pour consolider le pouvoir, ces disparitions se nourrissent, d’après des observateurs, de l’impunité et de la faiblesse des institutions très souvent inféodées aux régimes qui les mettent en place.

“Faire face à cette tragédie”

Depuis son institution en 2010 par l’ONU, la journée internationale des victimes des disparitions forcées célébrée le 30 août, constitue une occasion pour les Nations unies de sensibiliser la planète sur ce phénomène. « Les victimes de disparition forcée, dont on ignore où elles se trouvent et quel est leur sort, ne devraient pas être rappelées à notre souvenir seulement une fois par an. Chaque jour devrait être une Journée des personnes disparues », déclare le groupe de travail sur les disparitions involontaires de la commission des droits de l’homme des Nations Unies.

Enlevé le 29 octobre 1965 à Paris par deux hommes se faisant passer pour des policiers, Ben Barka est resté introuvable jusqu’ici

D’où cette recommandation du CICR : « Il est impératif de faire face à cette tragédie et d’aider les familles de disparus à faire la lumière sur ce qu’il est advenu de leurs proches. Ne pas savoir si un être cher est mort ou vivant provoque une angoisse indicible, de la colère et un profond sentiment d’injustice, et empêche les proches de faire le deuil et de tourner la page », selon les propos de Pierre Krähenbühl, directeur de l’institution humanitaire.

Une recommandation qui pourrait être lettre morte en raison d’un éventuel manque de volonté politique redouté par des experts.

Avec africanews

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