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Qui est Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes ?

Alors qu’il obtient le prix Nobel de la paix 2018, on connaît finalement assez peu cet homme de foi hors du commun, même après le film biographique réalisé en 2016 « L’homme qui répare les femmes ».

16 Déc 2018    

 À l’occasion du prix Nobel de la paix 2018 et de la parution du livre « Ils ont aimé leur prochain », le SEL vous propose de faire mieux connaissance avec le docteur Mukwege, qui nous a fait l’honneur d’en signer la préface. Voici son histoire…

La naissance d’une vocation

Troisième enfant d’une fratrie qui en comptera finalement neuf, Denis Mukwege naît en 1955 à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, dans ce qui était encore le Congo belge. Pasteur pentecôtiste, son père se rend fréquemment au chevet de ses paroissiens malades pour les soutenir et prier avec eux. Son fils, Denis, l’accompagne régulièrement et se souvient : « Chaque fois qu’il y avait un malade dans une famille protestante, mon père était sollicité. Il allait voir le patient, priait, le conduisait à l’hôpital s’il le fallait… Et je l’accompagnais. »

Un jour, alors qu’il a huit ans, il se rend avec son père auprès d’un enfant malade et s’étonne qu’aucun traitement ne soit administré au souffrant. Son père lui explique qu’il n’est pas soignant mais pasteur et qu’à ce titre, il ne peut « que » prier pour le garçon. La décision du jeune Denis Mukwege est prise : «j’expliquais à mon père que lui, il allait continuer à prier, mais que moi, j’allais devenir médecin, et que j’administrerais des injections aux malades… »

Marqué par cette expérience, c’est assez logiquement que son choix se porte dans – un premier temps – vers la pédiatrie. Alors qu’il doit présenter sa thèse vers la fin de l’année 1983, il entreprend de travailler durant quelques mois dans un hôpital de brousse géré par des protestants à Lemera. Il découvre alors la difficile réalité des conditions de vie des femmes de la région. Chaque jour, les cas rencontrés (grossesses précoces, à répétition…) vont questionner son choix initial et le pousser à finalement s’orienter vers la gynécologie !

Sa formation en France

Bénéficiant d’une bourse de la Swedish Pentecostal Mission, le jeune médecin prend en 1984 la direction de la France afin de poursuivre une spécialisation en gynécologie à l’hôpital d’Angers. Doué et bien intégré, plusieurs opportunités vont se présenter à lui et la tentation de rester en Europe l’effleure. Seulement, le souvenir des femmes de son pays le hante et il sait que c’est au Congo qu’il sera le plus utile. « Comment pourrais-je rester ici, avoir la conscience tranquille en sachant que là-bas, les gens manquent de tout, qu’ils ne peuvent compter sur aucun soutien ? »

Sa formation terminée, il fait le choix avec sa femme de rentrer au pays avec leurs trois enfants. La période n’est pas la plus évidente pour revenir au Zaïre de l’époque car le régime de Mobutu connaît de nombreux troubles en raison notamment de la situation économique. Malgré les difficultés, il peut compter sur le soutien du réseau qu’il s’est constitué en France. « Les médecins, les infirmières avec lesquels j’avais travaillé ont décidé de m’aider. Ils m’ont soutenu pour me permettre de créer l’Institut technico-médical de Lemera. »

Un combat difficile et dangereux

Alors qu’il pensait améliorer les conditions de vie des femmes en pratiquant des accouchements et des césariennes, le docteur Mukwege est effaré par ce qu’il découvre sur place. « Les femmes n’ont pas seulement été violées, elles ont été mutilées à l’aide de différents outils. » Depuis 1999 et la première victime de viol qu’il rencontre, c’est plus de 40 000 patientes qui auront été soignées dans sa clinique de Panzi.

Si ce chiffre donne une idée de l’ampleur du drame qui se déroule dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), aucune statistique ne pourra véritablement rendre compte de l’horreur de ce qui s’y passe. En effet, certaines victimes se trouvent être des bébés d’à peine quelques mois seulement, quand d’autres sont des femmes qui viennent se faire soigner pour la deuxième voire troisième fois. Dès lors, le médecin n’a de cesse de dénoncer l’utilisation du viol « comme arme de guerre » !

Seulement si son combat est louable et courageux, il peut aussi déranger ceux qui tirent profit de la situation d’instabilité dans l’est de la RDC. C’est ainsi qu’il est victime d’une tentative d’assassinat alors qu’il rentre chez lui, le 25 octobre 2012. Choqué par cette agression qui coûtera la vie du gardien de sa maison, le docteur s’exile en Belgique avant de revenir au Congo, quelques mois plus tard, porté par la ferveur populaire des femmes du Sud-Kivu. Seulement, il n’a pas d’autre choix maintenant que de vivre jour et nuit dans son hôpital de Panzi, entouré de Casques bleus.

Une reconnaissance internationale

À côté de la pratique médicale et après avoir formé de nombreux collaborateurs, le docteur Mukwege consacre désormais une bonne partie de son temps à sensibiliser l’opinion publique à la question des violences sexuelles. Partisan d’une prise en charge globale des patientes (en les aidant médicalement mais aussi psychologiquement, économiquement…), il insiste également sur la nécessité pour les victimes de pouvoir revendiquer leurs droits. « La justice doit être placée au cœur du processus de paix et la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves, y compris les crimes de violence sexuelle, doit être renforcée. »

Son combat lui vaut alors une large reconnaissance de la part de la communauté internationale. Le docteur Mukwege a ainsi accumulé les récompenses et les différents prix. Entre autres, il a reçu le prix des droits de l’homme des Nations unies en 2008, il a été décoré de la légion d’honneur par la France en 2009, il a remporté le prix du Roi Baudouin pour le développement en Afrique en 2011 et surtout il s’est vu décerner en 2014 le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit du Parlement européen, souvent considéré comme l’antichambre du prix Nobel de la paix.

Conclusion

À la question de savoir comment il fait pour tenir le coup, Denis Mukwege – médecin et prédicateur pentecôtiste – répond sans hésitation qu’il trouve son soutien dans sa famille et dans sa foi. « Heureusement qu’on a la foi. Si on n’avait pas la foi, on serait déjà tout nus dans la rue. » Et les atrocités qu’il peut voir ne remettent en rien en cause la confiance qu’il peut placer en Dieu. « Dieu nous donne la liberté de choisir le bien ou le mal ; il n’est pas un dictateur qui nous impose le bien…[…]Sans la foi, je ne vois pas ce que j’aurais pu faire… »

Avec selfrance

 

 

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