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Hydrocarbures au Sénégal : la police fait usage de gaz lacrymogène lors d'une manifestation

Les forces de l’ordre sénégalaises ont fait usage vendredi de gaz lacrymogène à Dakar pour disperser des manifestants exigeant la “transparence” sur des contrats portant sur l’exploitation des réserves en gaz et en pétrole du pays, entachés de corruption selon la BBC, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

15 Jui 2019    

En juin 2012, peu après sa première élection, le président Macky Sall avait confirmé la décision de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, d’attribuer l’exploitation des deux champs pétroliers et gaziers à Petro-Tim, une société de l’homme d’affaires australo-roumain Frank Timis, au coeur du scandale qui secoue le Sénégal depuis la diffusion d’un reportage de la BBC le 3 juin.

Selon la chaîne britannique, cette société a versé deux ans plus tard une prime secrète de 250.000 dollars au frère de Macky Sall, Aliou Sall, actuel président de la Caisse de dépôt et consignation (CDC) et maire d’une commune de la banlieue de Dakar, ce que celui-ci a formellement démenti.

Les manifestants répondaient à un appel à un “rassemblement pacifique” sur la place de la Nation, dans le centre de Dakar, lancé par des partis d’opposition et des associations de la société civile, dont le mouvement Y’en a marre.

Alors que des barricades faites de blocs de pierre et de morceaux de bois étaient visibles aux abords de la place de la Nation, la police, déployée en grand nombre, a procédé à des tirs de gaz lacrymogène, ont rapporté les journalistes de l’AFP en milieu d’après-midi. Les manifestants refluaient en courant, par groupes de plusieurs dizaines, pour échapper aux gaz irritants, certains en lançant les slogans “Macky corruption” ou “Macky dictateur”, selon la même source.

Un correspondant de Radio France Internationale (RFI) a indiqué sur Twitter que l’un des responsables de Y’en a marre, le rappeur Simon Kouka, avait été interpellé alors qu’il l’interviewait. L’information a été confirmée à l’AFP par d’autres journalistes présents lors de cette interpellation.

Les organisateurs avaient maintenu leur appel à manifester, malgré un arrêté d’interdiction pris jeudi par le préfet de Dakar.

“Nous ne pouvons pas accepter cette propension à restreindre les libertés civiques et à priver les citoyens du droit constitutionnel à la réunion pacifique”, avait justifié leur porte-parole, Aliou Sané, lors d’une conférence de presse vendredi matin.

Le préfet a motivé sa décision par des “menaces réelles de trouble à l’ordre public”, des “incitations à la violence à travers des propos irrévérencieux à l’endroit des institutions publiques” et par les “risques d’infiltration par des individus malintentionnés”.

La BBC a aussi accusé le géant BP d’avoir racheté plus tard les parts de Timis contre notamment une redevance d’une dizaine de milliars de dollars en quarante ans. BP a qualifié ce montant de “complètement fantaisistes” et démenti qu’il privait de la sorte le Sénégal de l’essentiel de sa future rente pétrolière et gazière.

Le ministre sénégalais de la Justice a ordonné lundi une “enquête complète” sur des contrats pétroliers et gaziers, alors que Macky Sall, réélu en février pour cinq ans, avait dénoncé une tentative de “déstabilisation” du Sénégal.

Avec africanews

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